Ben justement, parfois ils font à manger…Et c’est bien là le drame. Parce qu’on croit, nous, qu’on pourra à l’instar de ses messieurs, profite de l’heure de préparation pour s’affaler dans le canapé. Et c’est là qu’est toute l’ironie de la situation. Ce n’est pas que ces messieurs ne sachent pas faire à manger. Non non ! Les grands chefs ne sont-ils pas tous des hommes ? C’est bien plus subtil !

En effet, et pour mieux comprendre la suite, il faut lire la chronique d’hier, comment voulez-vous que ces messieurs utilisent des choses alimentaires et ustensilaires que LES MECHANTES FEES ont rangées n’importe où dans la cuisine ? Ben oui, vu que c’est les méchantes fées qui font les courses ! Et que ce sont elles encore qui rangent la vaisselle propre et organisent les armoires ! (en tout cas, dans la majorité des situations…je ne voudrais pas ici faire des généralités que d’aucun pourrait me reprocher…).
Je disais donc : ces messieurs dans une cuisine ne sont pas synonyme de repos pour madame. Car madame, elle, entretient une relation plutôt privilégiée avec mesdames les fées ! Celles-ci lui disent toujours ce qu’elles ont mis dans les placards, et où, et avec quelle cuillère touiller la sauce ! De ce fait, ces messieurs appellent régulièrement madame au secours. Voici l’exemple type d’une situation vécue.
Elle : " J’ai vraiment pas envie de faire à manger ce soir… "
Lui : " Si tu veux, on va chercher de frites… "
Elle : " C’est déconner quand même ! "
Lui : " Si tu veux, je fais à manger… " (dans le ton de la voix, on sent bien l’espoir d’une réponse négative de madame…)
Elle : " T’es sûr ? " (le doute la gagne…)
Lui : " Si tu ne préfère pas des frites… "
Elle : " D’accord alors… "
Lui : " Qu’est-ce qu’on mange ? "
Et c’est la que commence les réjouissances. En effet, si l’Homme comprenait que la prise de tête numéro une dans la préparation du repas était la réponse à cette fameuse question, ça serait déjà un pas vers l’évolution de l’espèce. Mais non. Et si Madame lui répond : " ce que tu veux ", c’est le drame. Parce que généralement, il ne sait pas ce qu'il veut (à part des frites). Mais ce n’est pas de sa faute. Il n’a pas faim tout de suite. Donc, envie de rien. Car c’est certain, la fée, elle a toujours faim en faisant les courses de la semaine et ça l’amuse donc de prévoir les repas de la semaine. Et si elle ne le fait pas, tant pis pour elle, elle n’aura qu’à retourner faire les courses tous les jours.

Retrouvons donc monsieur à la recherche de ce qu’il ferait bien. Je vous passe l’exemple des fish-sticks/choux-rouge qu’une amie a vécu … Admettons que Monsieur ait déniché un menu correct (c’est-à-dire avec légumes…) sans trop râler parce que "t’as pas, ça ? " (non, y’a plus, mets le donc sur la liste des courses de la fée si t’en veux…). Nous arrivons donc maintenant à la réalisation du repas en elle-même. Et c’est là que ça se corse à nouveau.
Lui : " Ca cuit combien de temps des patates ? "
Elle : " ……… "
Lui : " On ferait pas plutôt des pâtes ? "
Elle : " ….. "
Lui : " Tu fais comment ta si bonne sauce ? "
Elle : " si tu veux…je peux la faire ! "
Lui : " Non, j’ai dit que je faisais à manger…Mais tu mets quoi comme épices ? "
Elle : " Ca dépend….. "
Lui : " … "
Elle arrive l’aider…. (en soupirant un peu, elle l’admet, c’est juste le moment dans Urgences où Marc va se faire couper la tête…)
Lui : " J’ai pas envie de pâtes finalement… "
Elle : " Ben, si on mangeait des frites, alors ? "
Lui : " Si tu veux, parce que sinon, je veux bien faire à manger, franchement, je ne voudrais pas, repose-toi, je vais chercher les frites dont tu as envie… "
Et voilà comment on se retrouve attablé devant un bon sachet de frites mayo accompagné d’un bicky et d’une fricadelle. Avec la culpabilité pour nous, Mesdames. Car c’est nous qui avons craqué. Ce n’est pas l’Homme qui voulait des frites, c’est nous. Ben oui, quoi, il voulait juste nous faire plaisir ! Et vu qu’on avait vraiment, mais alors vraiment pas envie de cuisiner, voilà…
Moralité : Si vous ne voulez pas ressembler à un tas de saindoux après 5 ans de vie commune, faites à manger, Mesdames, et laisser OCCASIONNELLEMENT Monsieur s’occuper des fourneaux (parce que les frites, c’est bon quand même…)
Mais il arrive aussi que Monsieur fasse à manger pour de vrai ! Et là, c’est les petits plats dans les grands. Parce qu’il ne sait pas exactement comment fonctionne le four (le combi micro-onde / four, c’est d’un compliqué !). Ni où se trouvent les cuillères en bois pour touiller dans la poêle en Téflon…(ce qui a pour conséquence la mort de ladite poêle plus rapidement que prévu …). Mais l’avantage certain d’un homme aux fourneaux (parce que vraiment, il y en a !) c’est que :
- On profite quand même 1000 fois plus d’un repas que l’on n’a pas préparé soi-même (comme au resto, quoi !)
- Il met à peu près 45 fois moins de bordel dans la cuisine que lorsque la Dame réalise le même plat (faut admettre…)
- C’est assez sexy de le voir tripatouiller dans la farine/le sucre/les tomates/l’huile d’olive au basilic (beaucoup moins s’il vous fait des frites avec un tablier blanc et revient en sentant la graisse…)
Alors, même si cette chronique a été écrite à la demande expresse d’un Monsieur désirant faire comprendre à sa dulcinée qu’il n’était pas fait pour faire la cuisine, faudra quand même t’y mettre, grand, ne serait-ce qu’occasionnellement. Ca fait toujours plaisir !